Compromis, financement, notaire, remise des clés... Voici le parcours complet d'un premier achat immobilier, étape par étape, avec les délais réels et les points à ne pas rater.
Acheter un bien immobilier pour la première fois, c'est souvent se retrouver face à un vocabulaire inconnu, des délais qui s'enchaînent et des professionnels qui parlent entre eux comme si tout cela allait de soi. Compromis, condition suspensive, séquestre, acte authentique... Ces mots font peur quand on n'a jamais franchi cette étape.
La bonne nouvelle : l'achat immobilier suit toujours le même chemin, en sept étapes. Connaître ces étapes à l'avance, savoir ce qui vous attend à chacune d'elles, c'est transformer une montagne en une série de collines que l'on gravit une à une. Voici le parcours complet, avec les délais réels et les points à ne pas rater.
Voici le chemin complet d'un achat immobilier. Chaque étape est détaillée plus bas, mais cette vue d'ensemble vous permet de vous repérer à tout moment dans votre parcours.
Définir son budget et sa capacité d'emprunt
Calculer combien vous pouvez emprunter avant de regarder la moindre annonce.
Rechercher un bien et visiter
Définir vos critères, lancer des alertes, visiter et analyser.
Faire une offre d'achat
Formuler votre proposition par écrit au vendeur.
Signer le compromis de vente
Premier engagement bilatéral, dépôt de garantie, délai de rétractation.
Monter le dossier de financement
Déposer votre dossier bancaire et obtenir votre offre de prêt.
Signer l'acte de vente chez le notaire
Transfert officiel de propriété, paiement du prix et des frais de notaire.
Récupérer les clés et emménager
État des lieux, démarches administratives, installation.
Avant de regarder la moindre annonce, commencez par savoir combien vous pouvez emprunter. Ce n'est pas une question d'intuition : les banques appliquent une règle précise. Votre taux d'endettement ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus nets. Si vous gagnez 3 500 € nets par mois à deux, vous pouvez rembourser jusqu'à 1 225 € de mensualités (toutes dettes confondues, y compris un éventuel crédit auto).
À partir de cette mensualité maximale, on calcule le capital empruntable selon la durée et le taux. Sur 20 ans à 3,5 % (taux courant en 2026), 1 225 € de mensualité correspond à environ 210 000 € de capital. Ajoutez votre apport personnel, soustrayez les frais de notaire (7 à 8 % dans l'ancien, 2 à 3 % dans le neuf), et vous obtenez votre budget d'achat réel.
Les frais de notaire s'ajoutent au prix d'achat et ne sont généralement pas financés par la banque. Pour un bien à 250 000 €, prévoyez 17 500 à 20 000 € de frais supplémentaires. Votre apport doit, au minimum, couvrir ces frais.
Si vous achetez pour la première fois, vérifiez votre éligibilité au Prêt à Taux Zéro. En 2026, le PTZ peut financer jusqu'à 50 % de votre achat dans certaines zones, sans intérêts à rembourser. C'est un levier considérable pour réduire vos mensualités ou augmenter votre capacité d'achat. Notre guide complet sur le PTZ 2026 détaille les zones, plafonds et montants applicables.
Budget en poche, la recherche peut commencer. Définissez d'abord vos critères non négociables : secteur géographique, type de bien, surface minimale, nombre de pièces. Lancez des alertes automatiques sur SeLoger, Bien'ici, PAP ou Le Bon Coin. Les bons biens partent vite, parfois en quelques heures dans les marchés tendus. Les alertes mail en temps réel font la différence.
Lors des visites, regardez ce que les photos ne montrent pas. L'orientation de la pièce principale (plein nord, c'est sombre toute l'année), l'état de la toiture et des parties communes, les charges mensuelles de copropriété, la présence de travaux votés non encore réalisés. Demandez systématiquement le DPE. Un logement classé F ou G est difficile à chauffer, coûteux à entretenir, et sera interdit à la location d'ici 2028 pour les plus mauvaises classes.
Le conseil myWayHome
Visitez un bien deux fois à des moments différents : en semaine le matin, puis un week-end en fin d'après-midi. L'environnement sonore, la luminosité et la fréquentation du quartier changent beaucoup. Les photos de bien avec grand angle et retouche masquent souvent la réalité des volumes.
Vous avez trouvé le bon bien. Avant de signer quoi que ce soit, vous envoyez une offre d'achat. Ce document écrit précise le prix que vous proposez, la durée de validité de l'offre (48 à 72 heures en général) et les éventuelles conditions. Il n'a pas de caractère contraignant au sens strict, mais il formalise votre démarche et engage moralement les deux parties.
Si le bien est affiché à sa juste valeur de marché, une offre au prix est souvent la plus efficace, surtout en marché concurrentiel. Si vous avez des arguments concrets (bien immobilisé depuis plusieurs mois, travaux importants à prévoir, DPE dégradé), une offre en dessous du prix affiché peut se justifier. Le vendeur peut accepter, refuser ou faire une contre-offre.
Le compromis de vente est le document le plus important de votre achat. Il engage les deux parties : vous vous engagez à acheter, le vendeur à vous vendre, au prix et aux conditions négociées. Il est signé soit chez un notaire (ce qui est recommandé), soit dans une agence immobilière pour une promesse synallagmatique. À la signature, vous versez un dépôt de garantie, généralement entre 5 et 10 % du prix d'achat.
Le délai SRU (article L271-1 du Code de la construction). Dès réception du compromis en main propre ou par courrier recommandé, vous disposez de 10 jours calendaires pour vous rétracter sans justification et sans perdre votre dépôt. Passé ce délai, votre protection passe par les conditions suspensives.
Les conditions suspensives sont les clauses qui permettent d'annuler la vente sans frais si un événement précis ne se réalise pas. La plus importante pour vous : la condition suspensive d'obtention de prêt. Si votre banque refuse votre financement, vous récupérez l'intégralité de votre dépôt. Pour tout comprendre sur ces protections, lisez notre guide sur les conditions suspensives. Et pour décrypter le compromis clause par clause, notre article dédié au compromis de vente vous donne toutes les clés.
C'est le délai typique prévu dans la condition suspensive de financement. À compter de la signature du compromis, vous avez 45 jours pour obtenir votre offre de prêt.
Dès la signature du compromis, le compte à rebours commence. Vous avez généralement 45 à 60 jours (selon la durée prévue dans votre condition suspensive) pour déposer votre dossier auprès d'une ou plusieurs banques et obtenir une offre de prêt. C'est souvent la période la plus stressante du processus, parce qu'elle ne dépend plus seulement de vous.
Pour ne perdre aucun temps, préparez votre dossier en amont du compromis : les trois derniers bulletins de salaire, les deux derniers avis d'imposition, les trois derniers relevés de compte, une pièce d'identité et le compromis signé. La banque analysera votre stabilité professionnelle, votre historique bancaire et votre taux d'endettement.
Vous pouvez démarcher les banques vous-même ou passer par un courtier en crédit immobilier. Le courtier présente votre dossier à plusieurs établissements simultanément et négocie les conditions à votre place. Sa rémunération, entre 0,5 % et 1 % du capital emprunté, est souvent compensée par les économies réalisées sur le taux ou l'assurance emprunteur. Pour un emprunt de 200 000 €, cela peut représenter plusieurs milliers d'euros sur 20 ans.
L'offre de prêt et le délai Scrivener. Une fois la banque d'accord, elle vous envoie une offre de prêt officielle. Vous êtes obligé d'attendre 10 jours avant de la signer (délai de réflexion imposé par la loi Scrivener). Ce délai ne peut pas être raccourci, même si vous êtes pressé.
C'est le moment officiel du transfert de propriété. L'acte de vente est signé chez le notaire, en présence de l'acheteur et du vendeur. Le notaire lit l'intégralité de l'acte, ce qui prend en général une à deux heures. Ne vous laissez pas impressionner par le rythme : vous avez le droit de poser des questions, de demander à relire un passage et d'exiger des clarifications.
Avant la signature, vous aurez viré les fonds sur le compte séquestre du notaire, généralement la veille. Ce virement comprend le solde du prix d'achat (après déduction du dépôt de garantie versé au compromis) et les frais de notaire. Dans l'ancien, comptez 7 à 8 % du prix d'achat en frais. Ces frais incluent les émoluments du notaire, les débours et les droits de mutation reversés à l'État.
Juste avant cette signature, effectuez une visite de pré-remise du bien. C'est votre dernière occasion de constater l'état du logement avant qu'il devienne le vôtre. Le bien doit être dans le même état qu'au moment du compromis, libre de toute occupation et débarrassé des meubles non inclus dans la vente.
L'acte signé, le notaire vous remet les clés. Vous êtes officiellement propriétaire. La première chose à faire : changer les serrures. On ne sait jamais combien de copies de clés circulent après une vente.
Dans les semaines qui suivent, plusieurs démarches administratives vous attendent. Mettez à jour votre adresse auprès des impôts, de la CAF, de la Sécurité sociale, de votre banque et de votre mutuelle. Souscrivez une assurance habitation avant l'emménagement. Pour une maison avec prêt, l'assurance est exigée par la banque. Pour un appartement en copropriété, l'assurance responsabilité civile est légalement obligatoire.
La taxe foncière ne tombera pas immédiatement : elle est calculée au 1er janvier de l'année suivant l'achat. En pratique, le notaire vous demandera un prorata lors de la signature. Mais anticipez cette charge dans votre budget mensuel dès le départ.
Ces pièges ne sont pas réservés aux débutants, mais ils touchent beaucoup plus souvent ceux qui achètent pour la première fois. Les voici, pour les éviter.
01 — Oublier les frais annexes
Frais de notaire, frais de garantie (caution ou hypothèque), frais de dossier bancaire, frais d'agence... Prévoyez environ 10 % du prix d'achat en frais non compressibles dans l'ancien.
02 — Signer sans condition suspensive
Certains agents demandent de signer sans condition de financement pour rassurer le vendeur. Refusez. Si votre banque refuse votre prêt, vous perdez votre dépôt de garantie.
03 — Ne pas comparer les assurances emprunteur
L'assurance proposée par votre banque est rarement la moins chère. Depuis la loi Lagarde, vous pouvez souscrire une assurance déléguée équivalente. Sur 20 ans, l'économie peut dépasser 5 000 €.
04 — Négliger la visite pré-remise
Cette visite avant la signature chez le notaire est votre dernière chance de constater l'état du bien. Si quelque chose a changé, vous pouvez bloquer la signature ou obtenir une compensation.
Pour planifier votre achat, voici une estimation réaliste des durées à chaque étape. Ces délais varient selon les situations : vendeur pressé, marché tendu, temps de traitement bancaire.
Suivez chaque étape sans rien oublier
myWayHome vous guide à travers les 7 étapes de votre premier achat. Documents à préparer, délais à respecter, alertes au bon moment. Pour ne rien rater.
Rejoindre la liste d'attenteCombien de temps dure un achat immobilier de A à Z ?
Entre le début des visites et la remise des clés, comptez 4 à 9 mois selon votre situation. La recherche peut aller vite (quelques semaines) comme durer plusieurs mois. La période incompressible, c'est celle entre le compromis et l'acte de vente : 3 à 4 mois en moyenne, le temps que la banque instruise votre dossier et que le notaire prépare l'acte.
Puis-je me rétracter après avoir signé le compromis ?
Oui, pendant les 10 jours qui suivent la réception du compromis par courrier recommandé ou remise en main propre (délai SRU, article L271-1 du Code de la construction). Vous n'avez pas à vous justifier et vous ne perdez rien. Passé ces 10 jours, vous ne récupérez votre dépôt de garantie que si une condition suspensive ne se réalise pas, comme un refus de prêt bancaire.
Que se passe-t-il si ma banque refuse mon prêt ?
Si votre compromis inclut une condition suspensive d'obtention de prêt (c'est presque toujours le cas), la vente est annulée et vous récupérez l'intégralité de votre dépôt de garantie. C'est pour ça que cette clause est fondamentale : ne signez jamais un compromis sans elle.
Faut-il obligatoirement passer par un courtier en crédit ?
Non, mais c'est souvent avantageux. Un bon courtier présente votre dossier à plusieurs banques en même temps, négocie les conditions (taux, assurance, frais) et peut débloquer des dossiers que les banques auraient refusés en direct. Sa rémunération (0,5 à 1 % du montant emprunté) est généralement compensée par les économies obtenues sur la durée du prêt.
Peut-on acheter sans apport personnel ?
C'est possible mais rare. Certaines banques acceptent de financer 100 % du prix d'achat pour des profils très solides (CDI ancienneté, revenus stables, fonctionnaires). En pratique, les banques demandent souvent au minimum 10 % d'apport pour couvrir les frais de notaire. Le PTZ peut jouer le rôle d'apport complémentaire si vous y êtes éligible.
Sources : Notaires de France, ANIL, Légifrance (loi SRU art. L271-1 Code de la construction, loi Scrivener).
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